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Focus

Édito de Philippe Goujon, Paris Quinze Mag de mai - juin 2021

Mise à jour le 08/06/2021
Il n’est pas exagéré de dire, aujourd’hui, que la lumière se profile au bout du tunnel. Après trois confinements, et autant de déconfinements, l’espoir revient en ce printemps 2021, après quatorze mois de pandémie, éprouvante pour chacun d’entre nous. Pas une famille qui n’ait été épargnée par la maladie, plus de six millions de personnes dans notre pays, ou par le deuil, 110.000 morts.
Bien sûr, il ne faut pas crier victoire trop tôt, tant ces derniers mois nous ont apporté plus de mauvaises nouvelles que de raisons d’espérer.
Le nombre de patients en réanimation diminue, de même que celui de nouveaux cas, tandis que le nombre quotidien de décès se stabilise enfin, même si les données observées dans d’autres pays, qui ont choisi des stratégies plus efficaces, y sont très inférieures aux nôtres.
Il sera indispensable en effet de prendre le temps d’analyser les nombreuses erreurs aux conséquences dramatiques commises par la puissance publique dans l’appréciation des moyens à mettre en œuvre et la réorganisation de notre système de santé, l’un des plus chers du monde, mais pas le plus optimal…
Souvenons-nous des débuts de la pandémie, marqués par l’insuffisance de masques, puis de tests et de lits de réanimation. Plus récemment, l’annonce gouvernementale d’un plan de vaccination massif s’est heurtée à une bureaucratie qui n’a su ni anticiper les besoins, ni évaluer à leur juste valeur les défis logistiques que supposait une telle campagne. Sans les collectivités locales sur lesquelles il a dû s’appuyer, l’État aurait été impuissant. C’est pourquoi, dès la mi-janvier, j’ai ouvert en Mairie un centre de vaccination parmi les plus importants à Paris, en complément du centre de dépistage qui reçoit sept jours sur sept entre 250 et 500 personnes quotidiennement. Après des débuts poussifs faits d’annonces gouvernementales mal contrôlées et de livraisons de doses retardées, voire annulées, comme partout en France, ce centre, comme celui de l’Institut Pasteur, a fini aujourd’hui par trouver son rythme de croisière. Désormais ouvert sept jours sur sept, de 8h à 21h, 1.400 à 1.800 doses sont injectées quotidiennement, d’abord aux personnes vulnérables, puis aux professions exposées (personnels soignants et médico-sociaux, enseignants, policiers…).
Le centre de vaccination de la Mairie a ainsi vacciné près de 55.000 habitants.
L’ouverture en présence du chef de l’État, début mai, du vaccinodrome demandé depuis des mois, au Parc des Expositions de la porte de Versailles, avec une cadence elle aussi élevée de 2 à 3.000 doses quotidiennes, permet d’accélérer la couverture vaccinale de la population, afin de retrouver progressivement une vie normale, même si l’application des gestes-barrières sera nécessaire encore longtemps.
Par nos comportements, ne compromettons pas le redémarrage de la vie économique et sociale avec la réouverture des magasins, bars et restaurants, mais aussi des lieux de culture, (théâtres, cinémas, musées) et également sportifs.
C’est à ces conditions et avec la prolongation des mesures d’aide économiques et sociales, sans hausse des impôts, et de remise à niveau de notre système de santé qui n’a pu surmonter la crise que grâce au dévouement des personnels soignants que la rentrée que nous préparons attentivement sera aussi normale que possible.
Philippe GOUJON
Maire du 15e
Conseiller métropolitain