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Focus

Édito de Philippe Goujon, Paris Quinze Mag de mars - avril 2021

Mise à jour le 23/04/2021
En vous faisant partager ce premier numéro de « Paris Quinze Mag », formule rajeunie dans sa forme et sur le fond de votre journal « Paris Quinze Mag » qui traite de l’actualité de notre arrondissement sans interruption depuis 1961, je forme le voeu qu’il vous donne pleine satisfaction en cette période tourmentée.

Après une « annus horribilis » en 2020, alternant deux confinements et des périodes de relâchement sans doute contestables au plan sanitaire, mais justifiées au regard des désordres économiques, sociaux et psychologiques qu’ont engendrés ces privations de liberté encore jamais observées en temps de paix, un troisième confinement - même en mode allégé - ne nous a finalement pas été épargné en ce début de printemps, prenant à contre- pied les autorités sanitaires qui avaient pourtant déclaré en début d’année qu’une telle décision n’était pas à l’ordre du jour.
Ce troisième confinement ne sera efficace que s’il est accompagné d’un certain nombre de contraintes, notamment dans les écoles, les cantines scolaires et professionnelles et les lieux de grand rassemblement, de davantage de contrôles et de régulation des flux, d’une véritable extension du télétravail, de mesures supplémentaires dans les transports.
Même si ce confinement censé être levé à la mi-avril est réputé plus « doux » que ceux qui l’on précédé, les restrictions quotidiennes que nous subissons collectivement sont insupportables pour les acteurs économiques frappés de plein fouet, et dont certains sont plus affectés que d’autres, tels les restaurateurs, de nombreux commerçants, les acteurs culturels et sportifs ou encore les étudiants qui pâtissent de décisions sur lesquelles on peut parfois s’interroger. Au minimum, les aides économiques doivent être prolongées, voire renforcées.
À la mi-janvier, l’espoir était néanmoins réapparu avec l’ouverture, partout en France, de centaines de centres de vaccination et l’engagement des autorités sanitaires à faire livrer des millions de doses. L’Etat a alors pu apprécier l’aide considérable que pouvaient lui apporter les collectivités locales.
À l’instar de nombreuses mairies, j’ai pris l’initiative d’ouvrir un centre de vaccination (Pfizer) en Mairie tout en maintenant un centre de dépistage (PCR) ouvert depuis juin et qui a déjà accueilli près de 50.000 habitants.
Opérationnel dès le 18 janvier, quant à lui, notre centre de vaccination, initialement programmé pour pratiquer près d’un millier d’injections par jour, sept jours sur sept, en réalise finalement de 2.000 à 3.000 par semaine, faute de doses livrées. A ce rythme et en incluant le centre de vaccination de l’Institut Pasteur, près de six mois seront nécessaires pour vacciner les 25.000 habitants de plus de 70 ans du 15e…
Des opérations sont également menées dans les quartiers populaires (Périchaux) ou dans les résidences- seniors après que les pensionnaires des EPHAD aient été quasiment tous vaccinés.
L’accélération du processus vers tous les publics, en y incluant aussi, depuis quelques semaines, les médecins libéraux et les pharmaciens, est indispensable pour prémunir la population et permettre le retour à une vie normale. L’ouverture de vaccinodromes sur le territoire national, prévue pour avril, est une bonne chose puisqu’elle devrait permettre
d’atteindre une proportion de Français vaccinés suffisamment élevée pour nous autoriser à rêver enfin d’une sortie de crise avant l’automne… Aujourd’hui, un peu plus de 11.000 personnes ont reçu une première injection dans le 15e dont 4.800 une seconde.
Mais à cette vaccination massive, qui doit encore s’amplifier, devraient s’ajouter une multiplication du nombre de lits de réanimation dans les hôpitaux et une application stricte du triptyque : « tester, tracer, isoler », qui a fait ses preuves dans de nombreux pays.
Les collectivités locales qui ont su se mobiliser rapidement
et efficacement, comme lors de la distribution des masques et du dépistage, grâce à leur souplesse d’organisation, leur proximité du terrain et leur réactivité, ont sauvé la mise d’un Etat hélas souvent défaillant car centralisé et bureaucratisé à l’extrême, paralysant bien souvent les initiatives, omniprésent et pourtant impuissant à protéger la population, quels que soient les efforts gouvernementaux qui, sur le plan économique ou encore scolaire, auront été bénéfiques.
Aussi préoccupante soit-elle, la gestion de la crise sanitaire au quotidien ne doit pas empêcher le 15e d’avancer et les engagements pris devant vous l’an dernier d’être tenus. En témoignent la vitalité de notre démocratie participative, la recherche de l’amélioration de votre cadre de vie et de la sécurité dans les quartiers, toutes mesures que vous découvrirez dans les pages qui suivent.
Bonne lecture à toutes et tous.
Philippe GOUJON
Maire du 15e
Conseiller métropolitain